Je remercie Claude Aubé pour sa généreuse permission de publier son texte sur ce blog, Pour des raisons de facilitation de la lecture, nous avons décidé de le publier en quatre parties, accompagnées de photos prises lors du séjour de l'auteur à Dakar.
1. En Afrique, tout le monde va bien
« Bonjour,
ça va ? » Ce sont les premiers mots que j’entends quand je sors de
l’aéroport international Léopold Sédar Senghor de Dakar… Et çà insiste au fil
des pas : « Bonsoir, ça va… et la famille, ça va ? » Je
m’étonne, je ne suis pas vraiment habitué à ce que l’on s’enquiert de l’état de
santé de ma famille. Je vais vite comprendre qu’ici, c’est le passeport pour
t’aborder, pour te proposer un taxi, pour te vendre une carte de téléphone, un
souvenir… Un ami devait m’attendre ici à l’arrivée de l’avion avec une pancarte
« România » mais je ne le vois pas, je suis dans une sorte de tunnel
grillagé que je dois suivre avec mon bagage un peu trop lourd pour moi… De
chaque côté de ces barrières sont des hommes noirs qui me proposent tous un
taxi, une aide, je me sens oppressé, agressé, inquiet de ne pas voir ce qui
était programmé et je sors enfin de ce tunnel qui semble un peu comme une sorte
de camp de concentration pour déboucher dans un parking où un noir me dit que
je ne peux aller plus loin avec mon chariot à bagage…
C’est un moment
d’angoisse ! Mon GSM de Roumanie ne fonctionne pas ! Un noir –
désolé, je ne peux me résoudre à dire un local même si je sais qu’aujourd’hui
on doit dire « un homme de couleur » ! de quelle couleur dis
donc ? – me propose de téléphoner pour moi à l’ami qui devait m’attendre.
J’accepte, ça coûte mais j’accepte, je suis si déboussolé… Enfin je parle à mon
ami, et il ne comprend pas où je suis. Moi j’ai de la peine à lui donner un
repère dans un lieu qui m’est inconnu : grand moment de solitude ! Un
noir me propose une carte Orange pour mon portable : 10 euros, j’achète
mais… la SIM ne rentre pas dans mon GSM ! J’apprendrais ensuite qu’il faut
la faire tailler dans un magasin Orange pour qu’elle rentre dans le
mobile ! Découverte de l’Afrique, de l’irrationnel, d’un autre monde…
Enfin, après un
autre appel, nous réussissons à nous retrouver. Grand moment de bonheur et nous
partons dans une ville inconnue pour moi jusqu’à l’endroit où je vais vivre
deux semaines de ma vie à Dakar. L’appartement est sommaire mais vaste et je
vais m’y sentir bien, c’est sûr ! Première nuit où je découvre qu’il faut
dormir sous une moustiquaire pour éviter les problèmes de piqûres d’insectes…
Comme enfermé sous une carapace : une curiosité pour moi mais une sécurité
contre l’anophèle qui guette le touriste de passage… Belle première nuit, je
suis fatigué par un si long voyage et quand je me réveille, sur mon balcon, deux
milans noirs sont perchés, qui me regardent, nullement impressionnés par ma
présence et qui viendront me visiter tout au long de mon séjour.
Le lendemain,
nous avons du boulot : il faut préparer l’exposition de photos pour
laquelle j’ai été invité ici. Elle a lieu dans un endroit merveilleux, face à
la mer dans un endroit qui s’appelle « Place du souvenir africain ».
C’est un lieu situé sur une pointe qui s’avance dans la mer, avec des lieux
d’expositions, un auditorium, une librairie et au bout, face à l’océan, une
immense installation de la carte de l’Afrique, où chaque pays est positionné
avec le drapeau de son pays ! Un lieu de promenade affectionné par les
habitants de Dakar, surtout le soir…
La salle où je
vais exposer est une salle ronde où quand j’entre là, je suis un peu
déstabilisé par ce lieu vide, en rotonde soutenue par des colonnes, vide !
Ciprian me rassure : « C’est l’Afrique mais tout va être
résolu ! » Et nous nous attachons à commencer l’installation de
l’exposition. Mon inquiétude tombe rapidement quand des locaux arrivent qui
finalement se révèlent très efficaces pour installer les photos par trois du
plafond vers le sol. Deux jours de boulot pour ajuster mes tirages entre des
supports de bois et des verres « à l’Africaine » c’est à dire pas
toujours dans des dimensions adéquates…
Après deux jours
de travail, l’expo était prête et… je dois dire magnifique ! Nous n’avions
plus qu’à nous habiller pour le vernissage !
A 18 heures,
j’étais sur le pied de guerre pour rencontrer ceux qui avaient voulu participer
à ce moment important pour la Roumanie puisque cette exposition m’avait été
demandée par son Excellence l’Ambassadeur de Roumanie, Ciprian Mihali pour
célébrer les 50 ans des relations diplomatiques entre la Roumanie et le
Sénégal. Qu’un Français ait été choisi pour représenter la Roumanie va rester
pour moi un moment inoubliable de ma vie et une immense fierté !
Ce fut un moment
émouvant et pour moi une sorte de reconnaissance que quelque part j’étais
devenu un citoyen du pays que j’avais choisi ! Même s’il ne m’a pas encore
accepté comme un citoyen véritable.
Tous les gens
qui y sont venus étaient éminemment enthousiastes, sympathiques, désireux de connaître la Roumanie ! Quelques discours, la présence d’un ex ministre de
la culture et un discours superbe de son Excellence l’Ambassadeur… Puis un
cocktail organisé par l'ambassade et le Consul honoraire de Roumanie à Dakar, un libanais
sympathique et sa femme dont je n’ai pas vraiment pas bien compris le rôle. Des
gens importants !
Après ce
vernissage, nous sommes allés dîner dans un restaurant du bord de mer sur la
pointe des Almadies, lieu privilégié des expatriés à Dakar. Lieu merveilleux
dont je reparlerai plus avant.
Niciun comentariu:
Trimiteți un comentariu