11 ianuarie 2016

Claude Aubé - Le parfum de Soumbedioune (3)

1. En Afrique, tout le monde va bien



3. Autour de Dakar : de Gorée au Lac Rose



Un moment que j’attendais ici, à Dakar, c’était de visiter cette île mythique de Gorée ! J’en avais tant entendu parler, j’en connaissais tant l’histoire, je savais aussi comment les noirs avaient transfigurés l’histoire. Pour eux, les seuls responsables du commerce triangulaire étaient les blancs ! Dommage qu’ils aient oubliés que les premiers instigateurs du commerce des noirs, ce furent les noirs eux-mêmes, dans les villages de brousse où ils razziaient les paysans pour les vendre sur la côte ! Mais tout ça c’est l’histoire et on ne veut plus vraiment en parler…



7 ianuarie 2016

Claude Aubé - Le parfum de Soumbedioune (2)



1. En Afrique, tout le monde va bien



2. A la découverte de Dakar

Dès le lendemain, j’ai voulu visiter Dakar, seul, avec l’outil qui ne me quitte jamais, mon Nikon D750, comme un type qui marche, qui voit, qui rencontre des hommes, d’autres hommes… et aussi des lieux remplis de charme sur les deux corniches qui entourent Dakar.

Alors je suis parti pour voir une statue incroyable que les Coréens du Nord ont construits ici : la statue de la Renaissance Africaine ». Inconcevable réalisation ! Une statue de 70 de mètres de haut dont tout le monde dit que les personnages représentés, un homme musculeux coiffé d’un fes qui porte un enfant sur son bras, celui-ci montrant du doigt l’horizon sur l’océan et, derrière l’homme, collée à lui et en tenu très légère, une femme, sont purement et simplement la représentation de l’ancien président Wade, de son épouse et de son fils.

5 ianuarie 2016

Claude Aubé - Le parfum de Soumbedioune (I)

Je remercie Claude Aubé pour sa généreuse permission de publier son texte sur ce blog, Pour des raisons de facilitation de la lecture, nous avons décidé de le publier en quatre parties, accompagnées de photos prises lors du séjour de l'auteur à Dakar.



1. En Afrique, tout le monde va bien

« Bonjour, ça va ? » Ce sont les premiers mots que j’entends quand je sors de l’aéroport international Léopold Sédar Senghor de Dakar… Et çà insiste au fil des pas : « Bonsoir, ça va… et la famille, ça va ? » Je m’étonne, je ne suis pas vraiment habitué à ce que l’on s’enquiert de l’état de santé de ma famille. Je vais vite comprendre qu’ici, c’est le passeport pour t’aborder, pour te proposer un taxi, pour te vendre une carte de téléphone, un souvenir… Un ami devait m’attendre ici à l’arrivée de l’avion avec une pancarte « România » mais je ne le vois pas, je suis dans une sorte de tunnel grillagé que je dois suivre avec mon bagage un peu trop lourd pour moi… De chaque côté de ces barrières sont des hommes noirs qui me proposent tous un taxi, une aide, je me sens oppressé, agressé, inquiet de ne pas voir ce qui était programmé et je sors enfin de ce tunnel qui semble un peu comme une sorte de camp de concentration pour déboucher dans un parking où un noir me dit que je ne peux aller plus loin avec mon chariot à bagage…

2 ianuarie 2016

Fericirea





Cred că niciodată nu am văzut atîta fericire în jurul meu. Mai exact: atîta nevoie de a arăta fericirea. Şi mai exact: atîtea imagini pe facebook cu oameni care ţin neapărat să-şi arate în felul cel mai evident starea de fericire prin care trec. În această dimineaţă de 1 ianuarie, peretele e plin de guri pînă la urechi, de danturi albe, uneori singure, alteori în grup, surîzînd cu toate inteligentului telefon. Mai importantă decît fericirea în sine (care probabil că nu a existat niciodată) este nevoia de a spune şi de a arăta celorlalţi că eşti fericit. Probabil că tocmai aceasta e definiţia fericirii: cât de mult putem surîde celorlalţi, de unul singur, în doi sau în grup, pentru a-i convinge că sîntem fericiţi. Iar după ce am făcut fotografia, putem reveni la starea dinainte. Şi la starea obişnuită, nici fericită, nici nefericită, doar plată şi călduţă.

Desigur, cei care ţin să-şi arate fericirea în modul cel mai public cu putinţă sunt probabil o minoritate. O minoritate dintr-o altă minoritate, aceea a fericiţilor. Niciunul dintre cei mulţi şi nefericiţi nu s-a arătat nefericit lumii. Îşi consumă tristeţea într-o alt fel de solitudine. Nefericirea nu e de împărtăşit: ea trebuie ascunsă, ţinută departe de lume. Nefericirea nu e la modă, adică nu adună like-uri şi share-uri în nopţi în care a devenit o obligaţie să fii fericit. Fie ca nefericirea, tristeţea, chinul şi suferinţa să nu se vadă. Fie ca telefoanele noastre să-şi declanşeze flash-urile pe poziţia selfie doar atunci când ne vom fi aranjat pînă la ultimul detaliu gulerul la cămaşă şi zîmbetul pe toată faţa.

Nu-i deloc exclus ca tocmai asta să fie fericirea azi. E prea posibil să nu existe o fericire în sine, o stare de bine proprie, un simţămînt detaşat de toate cele dimprejur şi trăit doar pentru el însuşi, ca o înşurubare în propria-i trăire. Poate că de-abia acum, graţie reţelelor sociale care ne impun obligaţia de a arăta că sîntem fericiţi, înţelegem că fericirea este exact acest lucru: a fi capabil, a fi în dispoziţia şi în situaţia de a arăta celorlalţi, bine cunoscuţi, abia cunoscuţi sau cu totul necunoscuţi, că şi eu, şi noi sîntem fericiţi, că ne vine rîndul, de cînd stăm la coada fericirii, să prindem o felie, cu care să ne arătăm, suverani, lumii.

Se prea poate deci ca fericirea să fie, în modul cel mai realist, mai adevărat şi mai credibil, exact această capacitate pe care o dobîndim, tehnic şi relaţional, de a arăta altora că putem fi şi noi fericiţi. Şi pentru asta cel mai potrivit moment e o asemenea noapte. De mîine încolo, această capacitate se diminuează şi se amestecă într-o proporţie de nimeni neştiută cu jumătatea ei nefericită. În ce fel putem arăta celorlalţi că sîntem nefericiţi ? Dar despre asta într-un episod viitor. Deocamdată se ne bucurăm împreună cu cel mai bun prieten al omului: smartphone-ul. Prietenul care la nevoie ne recunoaşte. Face recognition.


2 decembrie 2015

Allocution de l’ambassadeur de Roumanie à Dakar, S.E.M. Ciprian Mihali, à l’occasion de la Fête Nationale roumaine (1er Décembre 2015)





Madame Viviane Bampassy, Ministre de la Fonction Publique, de la Rationalisation des Effectifs et du Renouveau du service public,
Madame Penda Mbow, Conseillère Personnelle du Président de la République pour la Francophonie,
Excellences, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs les représentants des autorités et institutions sénégalaises, ainsi que du Corps diplomatique accrédité à Dakar,
Chers compatriotes,

Au moment où j’entamais la conception de ce texte, j’avais l’intention de vous parler de la stupeur tragique qui a accablé la société roumaine suite au terrible incendie de Bucarest tuant 60 jeunes innocents le 30 octobre passé.
Mais le lendemain, 224 autres innocents, cette fois Russes, perdirent leurs vies dans l’explosion d’un avion en Egypte.
Deux semaines après, un double attentats-suicide au Liban provoque la mort de 40 habitants arabes d’un quartier paisible de Beyrouth.
Le monde n’eut pas le temps de pleurer ces morts : vendredi 13 novembre, 129 jeunes furent tués froidement dans une série d’attentats à Paris, plongeant le monde entier dans l’effroi.
Le deuil trouva de plus en plus difficilement son temps et son repos, alors que ses lieux se multiplient : le 18 novembre, 32 morts à Yola au Nigéria ; puis le 19 novembre, 2 filles de 11 et respectivement 18 ans se font déchiqueter par la dynamite tuant ainsi 15 personnes à Kano, toujours au Nigéria.
Le 20 novembre, l’attaque de l’hôtel Radisson à Bamako fit plus de 20 morts de plusieurs nationalités, dont certains de nos amis de l’Organisation internationale de la Francophonie.
Encore une fois le lendemain, et pour ne pas détendre d’un seul cran la course infernale aux carnages, 5 morts dans un attentat-suicide, plus les 4 femmes kamikazes, en Extrême-Nord du Cameroun.
Enfin (mais qui oserait parler d’une fin ?...), le 24 novembre, la ville de Tunis est secouée par l’explosion d’un bus de la garde présidentielle. Bilan sec : 12 morts. Et cette dernière semaine, Niger et Nigéria à nouveau, encore et encore…

J’aurais aimé tout au début vous proposer de dire tous ensemble ce soir « Je suis Roumain ». Mais ensuite il aurait fallu dire « Je suis Russe ». Et « Je suis Libanais ». « Je suis Palestinien ». « Je suis Français ». « Je suis Nigérian ». « Je suis Malien ». « Je suis Chinois ». « Je suis Belge ». « Je suis Américain ». « Je suis Israélien ». « Je suis Sénégalais ». « Je suis Camerounais ». « Je suis Tunisien ». « Je suis Nigérien »…

Et je serai qui encore demain ? Pourquoi et comment est-on arrivé à cette situation où je ne deviens citoyen du monde que par la mort d’autrui ? D’où vient cette folie d’une compétition macabre qui nous terrorise pour que nous soyons capables d’exprimer une solidarité sincère avec les victimes innocentes ?


1 februarie 2015

DISCOURS DE LASSANA BATHILY LORS DE LA CÉRÉMONIE DE NATURALISATION

DISCOURS DE LASSANA BATHILY

MARDI 20 JANVIER 2015 - MINISTÈRE DE L'INTÉRIEUR
CÉRÉMONIE DE NATURALISATION

MONSIEUR LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE, FRANÇOIS HOLLANDE,
MONSIEUR LE PREMIER MINISTRE, MONSIEUR MANUEL VALLS,
MONSIEUR LE MINISTRE DE L'INTÉRIEUR BERNARD CAZENEUVE,
MESDAMES, MESSIEURS LES ÉLUS, DÉPUTÉS, SÉNATEURS, PRÉFETS, MAIRES, ET LEURS ÉQUIPES.

JE VOUS REMERCIE DE TOUT MON COEUR DE M’ACCORDER LA CITOYENNETÉ FRANÇAISE.
CE SOIR, JE SUIS TRÈS FIER. TRÈS ÉMU, AUSSI.
JE SOUHAITE REMERCIER CHALEUREUSEMENT TOUS CEUX QUI M'ONT FAIT CONFIANCE ET QUI ME SOUTIENNENT DEPUIS TOUJOURS.

1 decembrie 2014

Allocution de l’ambassadeur de Roumanie à Dakar, S.E.M. Ciprian Mihali, à l’occasion de la Fête Nationale roumaine (27 novembre 2014)



Monsieur le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche du Sénégal,
Monsieur le Ministre de l’Education Nationale de Roumanie,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Messieurs les Consuls Honoraires de la Roumanie,
Mesdames et Messieurs les représentants des institutions sénégalaises et internationales,
Chers collègues roumains et sénégalais de l’Ambassade,
Dragi compatrioţi,

Nous célébrons le 1er Décembre la Fête Nationale de la Roumanie, le 96ème anniversaire de la Grande Union de tous les territoires roumains dans un Etat uni et indépendant, dans un contexte local et international tout à fait spécial : le Sénégal accueille cette semaine le XVème Sommet de la Francophonie, grande fête de la communauté francophone internationale, mais aussi un moment très important de réflexion et de décision dans un contexte contemporain trouble, avec des défis redoutables, avec des crises politiques, humanitaires, sanitaires en Afrique, au Moyen Orient, en Europe.
C’est néanmoins une double fête qui nous réunit aujourd’hui et je vous remercie toutes et tous d’avoir accepté notre invitation de nous joindre dans ce moment de joie et de partage, d’autant plus que nous avons tous un agenda si chargé à cette période de l’année.



Pour la Roumanie et les Roumains, le français n’a jamais été une langue étrangère. En nous inspirant le code juridique au début du XIXème siècle, en nous insufflant l’espoir de l’émancipation et de la liberté en 1848, en nous accompagnant dans l’effort de construction de l’Etat moderne mais aussi en accueillant les grands esprit de la culture roumaine entre les deux guerres et surtout après 1945, la langue française a toujours été pour les Roumain lieu d’accueil, espace de liberté et d’épanouissement.
Emile Cioran, ce grand écrivain d’origine roumaine a pu dire un jour que « ma patrie n’est pas un pays, ma patrie est la langue roumaine ». En élargissant le sens de cette belle affirmation, je pense qu’elle est plus actuelle que jamais : notre pays, nous le transportons dans les valises de notre langue. Notre maison cesse d’être un lieu fixe pour devenir une trajectoire, un mouvement continu entre des endroits où nous nous arrêtons temporairement juste pour aller plus loin, encore plus loin. Et lorsque nous devenons des nomades, des voyageurs pour lesquels aucune destination n’est définitive, nous avons besoin de nous retrouver dans des lieux d’hospitalité et qui ne sont pas forcément des lieux géographiques ; des lieux que nous pouvons emporter avec nous partout dans le monde.
Et un tel lieu d’hospitalité est pour nous la langue française. Réfugiés, exilés, émigrants, étudiants, enseignants, voyageurs, diplomates, la langue française a eu la générosité de les accueillir tous, de leur offrir un abri, de leur reconstruire un pays d’adoption. Et tous ses nomades ont su, à leur tour, la récompenser, par leurs créations, par leurs contributions stylistiques, par leurs sonorités, en enrichissant ainsi une langue qui est sans doute aujourd’hui plus d’un simple moyen de communication.


16 iunie 2014

Africa de toate zilele: raţiune şi simţire



Înainte de orice, întâlnirea cu Africa este o experienţă completă a simţurilor. Oricâte prejudecăţi sau ignoranţe am avea, oricâte cunoştinţe teoretice, geografice, istorice, culturale vom fi acumulat despre Africa, ele se vor risipi cu toate la primul contact fizic cu lumea africană.
Africa toată e plămădită din simţire şi ca un imn neîncetat adus simţurilor. Un continent întreg stă mărturie pentru felul în care omul îşi făureşte prin simţuri lumea în care vrea să trăiască. Iar omul a supravieţuit, convieţuieşte, suferă şi se bucură de această lume pentru că a putut să o cunoască în primul rând pe cale senzorială, să o simtă pe dinlăuntrul său şi pe dinafara lui. Lupta oamenilor de aici cu elementele (soarele, apa, vântul, vegetalul, animalul) este o luptă pe veci neîncheiată între, pe de o parte, tot ce-i trimite mediul înconjurător omului în chip abundent, excesiv şi copleşitor – soare dogoritor, multă umezeală, nesfârşită secetă, imensităţi de nisip, păduri de nepătruns, animale de pradă de pretutindeni, pericole jur-împrejur – şi, pe de altă parte, strategiile pe care omul, de unul singur sau în comunitate, şi le elaborează pentru a ţine piept acestui prea-plin al elementelor primare. Iar aceste strategii sunt în primul rând moduri de receptare şi acţiune vizuală, auditivă, olfactivă, gustativă şi tactilă.

Africa de toate zilele: obişnuinţa



Se ştie că unul din eforturile cele mai mari pe care le face un om este acela de a căuta în ce fel îşi poate economisi eforturile, energiile şi timpul. Iar acest efort are ca unul din rezultatele sale cele mai remarcabile obişnuinţa.
Prin obişnuinţă încercăm să domolim întâlnirea cu ce e nou şi să ne oferim siguranţa minimală a supravieţuirii într-un mediu necunoscut, în care să ne putem fixa câteva repere ale identificării şi orientării.

Sosirea şi instalarea în Africa au loc cu această provocare: ai lăsat în urmă toate obişnuinţele, trebuie să-ţi creezi altele. Totul este nou, totul este altfel, totul pare ameninţător, corpul şi mintea se strâng ca un arici, arătând la început doar ţepii spre exterior şi tatonând cu multă timiditate împrejurimile. Lipsa obişnuinţelor, a rutinelor, a predictibilităţii timpului şi spaţiului, explozia senzorială permanentă (despre care voi vorbi altă dată) te destabilizează, te încântă, dar te şi solicită până la epuizare fizică şi mentală. Totul în jur este nou şi pare periculos, la fiecare pas vezi doar riscuri, locuri, oameni, animale, sunete, mirosuri – şi mai ales orice efort de înţelegere şi de trăire în lumea nouă este supradimensionat. Lucrurile pe care „acasă” le făceai atât de uşor, din inerţie şi fără să te gândeşti vreodată serios la ele, devin dintr-o dată adevărate performanţe, a căror atingere te preocupă şi îţi dă de gândit neîncetat. Tu însuţi (sau însăţi) începi prin a nu te recunoaşte, lipsit(ă) de protecţiile care îţi ofereau siguranţă şi linişte. Reacţiile tale fiziologice şi nervoase îţi par sau chiar sunt exagerate, cele mai mici detalii capătă proporţii cosmice şi cele mai mărunte eşecuri se dovedesc adevărate apocalipse.

Africa de toate zilele: Timpul si spaţiul


Locuiesc de doi ani în Africa de Vest. Locuiesc aici zi de zi, iar cel mai important efort pe care trebuie să-l faci venind din altă lume este fie s-o domesticeşti pe cea nouă (riscant şi nesigur), fie să înveţi tu să te domesticeşti altfel (fascinant şi dureros), să te aşezi de voie de nevoie în propriile-i forme şi conţinuturi.

Africa – şi mai ales întreg imaginarul ei – este acea lume îndepărtată în care te duci pentru experienţe cu totul noi, atunci când aproapele şi restul lumii nu ţi le mai oferă. Este o ex-lume, o lume din afara lumii: o lume a extremelor, excepţională, exotică. Iar aceste extreme, stările ei excepţionale şi înfăţişările sale exotice sunt tot ce merită reţinut de un turist, un misionar, un trecător grăbit şi dornic să înregistreze cu zoom, fără să atingă prea mult, suprafaţa cea mai subţire şi mai spectaculoasă a acestei lumi: baobabi, copii frumoşi, girafe sau culori unice.